Mode et Danse : it’s a match !

En cette fin d’été, la collaboration entre le chorégraphe Benjamin Millepied et la marque de prêt-à-porter Sézane prolonge les derniers rayons de soleil. Le petit film fruit de ce partenariat nous rappelle à quel point le mariage entre la danse et la mode est un spectacle d’émotions. Les liens entre les deux disciplines sont historiques, et les collaborations n’ont cessé de se multiplier. Olivier Rousteing a récemment mis son talent au service de l’Opéra de Paris pour créer les costumes du ballet « Renaissance ». A l’inverse, on pense à Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile devenue égérie pour Hermès ou encore Céline. Malgré la médiatisation grandissante des collaborations, l’émotion reste intacte. Les deux disciplines, unies, cultivent leur pouvoir de fascination.  Pourquoi entre la mode et la danse « it’s a match », à l’instar d’une bonne recette de comédie romantique ?

Les danseurs du ballet Renaissance habillés par Balmain

La danse et la mode c’est un couple parfait. Leur relation se base sur la valorisation et la sensualisation mutuelle. Leur point commun, c’est le corps évidemment. Toutes deux, elles s’emploient à lui donner du sens, à faire de lui un langage. Cette mission, la mode et la danse l’honorent, jonglant tour à tour entre liberté et contrainte. Ainsi, les justaucorps seconde peau s’habillent de vestes lourdes et brodées de mille pierres. La rigueur technique nécessaire au geste parfait cohabite avec les grands jetés cri du cœur. L’équilibre règne.

Mais dans cette relation, la mode, discrètement s’éclipse. Elle sait ce qu’elle doit à la danse. Une seconde vie, moins superflue. Objet pendu sur cintre dans une armoire, le vêtement qui virevolte dans les airs s’anime. Il devient une extension du corps et de l’âme. Plis, matières et longueurs sont tout à coup sollicités par une chorégraphie. Le vêtement, costume ou non, est mis à l’épreuve de l’espace et du récit. La danse change le regard sur la mode. Les mannequins porte manteau des podiums deviennent de véritables performeurs. Il n’est plus question de mettre en valeur le produit sans transmettre en même temps un esthétique messagère. En miroir, les danseurs et chorégraphes d’aujourd’hui s’engagent dans des processus de création où le vêtement est clé. En 2016, la chanteuse et danseuse FKA Twigs devient ambassadrice pour Calvin Klein. La marque réalise alors un film publicitaire au cours duquel la jeune femme danse avec son partenaire pendant 4m19. Elle y porte une chemise qui devient un indispensable à la compréhension de la chorégraphie, puis à un niveau plus macro, à la compréhension du message de marque. La vidéo se clôt avec le slogan « I create in #mycalvins ». Autrement dit : le vêtement Calvin Klein n’est pas un obstacle à la pratique créative de la danse. Ou encore : le jean n’est pas un obstacle au mouvement du corps. Le slogan est à tiroirs, où l’on comprend aussi que le vêtement Calvin Klein peut être le moteur de la création.

La relation entre la mode et la danse c’est donc aussi une lutte de valeur, pour hisser la mode à la hauteur d’autres domaines créatifs – en l’occurence ici la danse – que l’on estime souvent beaucoup plus consistants et aptes à recevoir le titre « d’art ».

Mais peu importe qui de la poule ou de l’œuf. Quoi qu’il en soit, l’émotion est toujours au rendez-vous lorsque la mode et la danse se rencontre. De quoi oublier de vielles querelles de couple.

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