Les 3 films de Miu Miu pour l’été 2015 : l’esthétique de la tension dramatique

Pour la saison printemps-été 2015, la marque Miu Miu a réalisé trois petits films à l’intensité captivante. Sous la direction de Steven Meisel, Marine Vacth, Mia Goth et Imogen Poots rendent hommage à l’esthétique cinématographique de la tension.

Trois portraits de femmes, trois héroïnes échappées d’un polar des années 50 en proie avec leurs émotions. Musique suave, sonorités lancinantes, les accessoires se font fétiches précieux, les regards sont mélancoliques. La beauté de ces films est saisissante d’émotions. Chacun, dans sa singularité, raconte une manière de vivre l’absence, lorsque la solitude pèse, quand le temps se fait long et laisse place à  l’incertitude… Les femmes Miu Miu doutent, leurs corps vacillent et leurs visages expriment la quête de sens. Que se passe-t-il, que s’est-il passé ici dans cette pièce ? Marine, Mia et Imogen incarnent la débâcle émotionnelle procurée par le sentiment de vide, ce mélange de torpeur et de pensée foisonnante. Sur le seuil, caché derrière un mur ou une porte, le spectateur pénètre en catimini l’intériorité des ces femmes regorgeant de secrets. À défaut d’une présence réelle, elles construisent leur monde au contact des objets environnants. Avec sensualité, leurs corps s’emparent d’une chaise, occupent un lit, s’étendent sur le sol. Les mains se saisissent d’un verre d’eau, d’un sac, d’un téléphone, de draps. Ces éléments symboliques du quotidien participent à l’intrigue et répondent avec parcimonie au « qu’est-ce qui se passe ? ». Ils permettent au spectateur de reconstituer une histoire au gré de son imagination, et ainsi d’atténuer le sentiment de malaise provoqué par l’absence. Les objets rendent le malaise supportable, mais ils ne l’empêchent pas. Car c’est bien cela dont il s’agit : l’esthétique de ces films célèbre l’art de la tension dramatique, la montée en puissance des émotions jusqu’au point de rupture : un processus emblématique de la psychologie féminine. La fin de ces trois films n’implique pas la fin de la tension dramatique. Bien au contraire, elle reste en suspend jusqu’au bout et même après, comme un souvenir dans la mémoire qui ne s’effacera pas. Le dénouement laisse croire que Marine, Mia et Imogen sont finalement maîtresses de leur destin. Tout comme elles, le spectateur pense avec plaisir qu’il a compris, en-fin.

MARINA

 

MIA

 

IMOGEN

 

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