Prada automne/hiver 2014 - Saint Laurent automne/hiver 2014

Glitter Fever : les paillettes toujours synonymes de fête ?

Les paillettes ont une forte dimension symbolique, provenant d’une connexion  étroite avec la sphère du « visible ». Elles sont  l’ostentation même. Par leurs miroitements, elles accrochent voire éblouissent le regard tout en connotant le divertissement et le faste. Relatives à l’imaginaire des tapis rouges et du showbiz, les paillettes  – ou encore le brillant, le scintillant, le miroitant –  nous évoquent toujours la fête. Le vêtement qui brille, paré de sequins ou de strass, est le signe d’une occasion spéciale, d’un moment de vie inédit.La tenue à paillette est précisément là pour marquer une rupture entre l’habituel et l’inhabituel. Nostalgique de ces moments synonymes d’euphorie, la mode de l’hiver 2014 dicte avec bienveillance, de transformer le quotidien en fête quotidienne.

 Si la robe à paillette, sœur cachée de la petite robe noire, devient le quotidien de nos placards, qu’allons nous arborer pour célébrer décemment les fêtes ? Le mois de décembre arrive et toute logique, les boutiques exposent dans leurs vitrines des totales look glitter, avec de jolies robes serties de strass et des escarpins aux semelles étincelantes. Bizarrement, la magie du vestiaire chic et scintillant qui habituellement nous plonge dans l’impatience des fêtes de fin d’années, n’opère qu’à moitié. Blasées des paillettes vous dites ? Depuis le mois d’août, les magazines de mode proclament le retour du glitter pour l’hiver 2014. Le style disco renaît de ses cendres à l’image des bottes stars de Saint Laurent, pailletées d’or ou d’argent. Le disco, dérivé de « discothèque », colle par essence au monde de la nuit, de la fête et du spectacle. Il s’agit donc de convertir la tenue de jour en tenue de soir, de redorer le quotidien supposé triste et gris, en lui associant des signes de faste et d’amusement dont la rareté constitue en principe l’intérêt.

Avec la libéralisation des styles et des tendances, le vêtement perd de son sens. Il ne permet plus de séparer le jour de la nuit, le quotidien de la fête.  Il fut un temps où l’on structurait sa garde robe en fonction des évènements. Parmi d’autres, le pull en lurex signifiait Noël et la veste en jacquard métallisée, le jour de l’an. Il fut un temps où les vêtements avaient un caractère quasi sacré et un sens rituel. Aujourd’hui, les Richelieu scintillent au coin de la rue et les jeans slim s’accompagnent de vestes brodées de sequins. Pourquoi ? Une célébration quelconque ? Non, pour « sortir », rien d’autre. La garde-robe est devenue convertible. Certes c’est plus pratique, plus économique et surtout décomplexé. Mais qu’allons nous donc porter pour les fêtes ? Pire encore, comment signifier la fête ? Le vêtement a toujours indiqué une fonction : vêtement de sport, bleu de travail, tenue « de soirée »… A vrai dire, ces distinctions n’ont plus vraiment d’actualité. Le décloisement des styles et des moments de vie désacralisent la tenue de fête qui se confond dans les vêtements du quotidien. Les marques vont devoir inventer un nouveau stratagème de visibilité, une nouvelle manière de nous habiller. Les paillettes pour les fêtes, ne font plus mouche.

House of Holland automne/hiver 2014 - Saint Laurent automne/hiver 2014
House of Holland automne/hiver 2014 – Saint Laurent automne/hiver 2014

 

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